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1769-1789 VINGT ANS DE RÉSISTANCE CORSE

Aix-en-Provence, samedi 08 juin 2019 (prouvenco-info.com)

 

 

1769-1789  VINGT ANS DE RÉSISTANCE CORSE, le dernier livre de Jean-Pierre Poli, avocat honoraire et essayiste vient de paraître aux éditions Alain PIAZZOLA. Une enquête minutieuse et un véritable travail d’historien pour une période de l’histoire Corse souvent méconnue (broché, couverture illustrée en couleurs / 457 pages 15 €)

 

En 1768, la République de Gênes a cédé au roi de France l’exercice de la souveraineté en Corse. Cependant comme l’écrit un officier français : « Après avoir forcé, pour ainsi dire, les Génois à nous vendre la Corse, on a cru qu’il suffisait d’y montrer quelques troupes pour s’en emparer. Point du tout. Il a fallu la conquérir ».

Le 8 mai 1769, à Ponte Novu, la Nation corse est vaincue militairement. Mais le général Paoli est réfugié à Londres et, alors que la majorité de la population se soumet, d’irréductibles maquisards continuent le combat dans l’île avec l’appui de commandos composés de soldats corses exilés en Toscane. Dans plusieurs régions de l’île, jusqu’en 1775, des actions de guérilla sont menées contre la présence française avec la solidarité de nombreux villageois. Les noms des chefs des combattants de

l’ombre et de centaines de leurs compagnons, apparaissent dans les rapports que rédigent les officiers de l’armée royale. Beaucoup sont tués lors d’affrontements, d’autres meurent enchaînés dans la Grosse tour de Toulon où plus de quatre cents d’entre eux sont détenus. Des Corses ralliés au nouveau régime participent à ces opérations de maintien de l’ordre.

Les actes de résistance impliquent de conserver des secrets et l’histoire officielle est toujours écrite par la puissance victorieuse. Pourtant, les archives permettent à l’auteur de reconstituer le combat de ces Corses, puis la permanence de « l’esprit de liberté », pendant ces vingt années au cours desquelles beaucoup d’anciens partisans du gouvernement national corse sont contraints, sans renier leur passé de patriotes, de composer avec les autorités royales.

On ne peut comprendre le parcours des jeunes insulaires, dont Cristoforo Saliceti, Carlo-Andrea Pozzo di Borgo ou les frères Giuseppe et Napoleone Buonaparte, qui à l’aube de la Révolution Française seront des paolistes fervents, sans connaître les vingt années de résistance qui ont suivi la conquête de l’île.

Aujourd’hui encore, la mémoire collective des Corses est irriguée par les idéaux et les combats de Pasquale Paoli et de ses partisans.

 

Jean-Pierre POLI est avocat honoraire et essayiste, il est, notamment, l’auteur d’Autonomistes

corses et Irrédentisme Fasciste (1920-1939) paru chez DCL en 2007.

 

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