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Marseille : fin de règne cauchemardesque et perspectives inédites

Marseille, mardi 08 janvier 2019 (prouvenco-info.com)

 

Il a été député, président de région, ministre, vice-président du Sénat, maire de la deuxième ville de France, Président de la Métropole. Il a connu la puissance d’un chef incontesté trônant sans partage et pendant près de 25 ans sur la Cité phocéenne. L’effondrement de quelques immeubles aura détruit en un instant son prestige. On se détourne maintenant de Jean-Claude Gaudin, on le méprise quand on ne l’insulte pas ; il n’est plus qu’un vieillard dont on voudrait se débarrasser. De nombreux observateurs ont d’ailleurs été surpris qu’il ne démissionnât pas après la catastrophe. De fait, la culpabilité de l’édile saute aux yeux, étant entendu toutefois qu’il la partage avec d’autres. Quoi qu’il en soit, l’instruction de cet épisode devrait être longue ; longue au point que le vieux cacique lui-même pourrait ne jamais en connaître l’issue !

Au-delà du cas Gaudin, le drame de la rue d’Aubagne a mis en lumière la situation très préoccupante de Marseille.

D’un point de vue économique : il est clair que si la ville n’était pas aussi stratégique pour l’image de la France, elle pourrait se trouver sous tutelle de l’État.

D’un point de vue sanitaire : la commune compte l’arrondissement le plus pauvre de France. Une partie du centre-ville se trouve dans un triste état ; là où, sur des trottoirs jonchés de poubelles, les « gabians » disputent aux rats le résidu des riverains. Le Vieux-Port lui-même constitue une décharge sous-marine d’où l’on extrait chaque année, lors d’une spectaculaire catharsis écologique, les objets les plus aberrants.

D’un point de vue migratoire : Marseille ne semble plus réellement la France : plusieurs de ses quartiers sont devenus au fil du temps quasiment intégralement maghrébins ou sub-sahariens.

D’un point de vue sécuritaire : la ville est la capitale du grand banditisme. Le trafic de drogue correspond à une authentique économie parallèle. Certains expliquent que, sans lui, la cité ne serait plus maîtrisable! Les meurtres succèdent aux meurtres : 2 par mois en 2018. Des territoires entiers sont quasiment interdits à toute expression républicaine : les imams et les caïds y gèrent un quotidien exempt de liberté, de légalité et de service public !

D’un point de vue moral : les liens entre la politique et le gangstérisme sont bien connus dans la région. Combien d’affaires juteuses ont rempli les poches des uns et des autres aux frais de la collectivité ? Il suffit de constater les mises en examen qui défrayent la chronique marseillaise.

 

Malgré toutes ces terribles caractéristiques, la ville jouit de très nombreux atouts en termes patrimoniaux, identitaires, touristiques … Reste donc à trouver une équipe et un programme politique capables de la réhabiliter. Les élections municipales qui se profilent seront, à cet égard, déterminantes.

La « droite » marseillaise a perdu sa crédibilité dans les événements tragiques de la rue d’Aubagne. La plupart des personnalités de l’actuelle majorité, Martine Vassal en tête, ont eu, à un moment ou à un autre, un lien avec l’urbanisme, l’équipement ou le logement. Les électeurs ne l’oublieront sans doute pas de si tôt!

C’est d’ailleurs un peu pareil à gauche, alternance oblige ! C’est ainsi que Madame Ghali, aujourd’hui sénatrice, a détenu de nombreuses fonctions locales. Elle a notamment occupé le poste de maire du 15ème et 16ème arrondissement ; des territoires particulièrement concernés par la vétusté de l’habitat. Encore un fait dont les Marseillais sauront se souvenir.

Seul Mélenchon, fraichement parachuté sur la ville, est exempt de toute compromission avec le logement. Mais il a d’autres handicaps : il n’est pas du tout marseillais, et s’est même permis, lors d’une intervention médiatique d’offenser l’accent provençal ! Certains se rappellent aussi sa proximité avec Macron lorsque le Président a visité la Cité phocéenne le 7 septembre 2018. D’autres enfin, très nombreux, ne partagent pas du tout l’enthousiasme « immigrationiste » du chef de la France Insoumise.

Nous savons bien par ailleurs que, nonobstant la situation désastreuse où se trouve le mouvement aujourd’hui, Marseille ne constitue pas une terre propice à la République en Marche. La sociologie de l’endroit ne correspond en rien aux perspectives du projet présidentiel.

Dans ces conditions, seul Stéphane Ravier, le leader local du Rassemblement national, semble disposer d’une conjoncture favorable.

Selon toute probabilité, son parti va réaliser un score inédit aux prochaines Européennes, une prouesse qui devrait servir de tremplin pour les élections municipales attendues en 2020. Les circonstances permettront-elles au sémillant sénateur de conquérir Marseille ?

Jamais en tout cas fenêtre de tir n’aura été si béante et planètes si bien alignées …

 

 

Christophe Arnould

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