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Nouvelle Calédonie ou Kanaky ?

Salon, mardi 06 novembre 2018 (prouvenco-info.com)

 

Le référendum d’auto-détermination de la Nouvelle Calédonie prévu par les accords de 1988 s’est soldé par la victoire du NON à l’indépendance (56,4 % des voix). Le camp indépendantiste obtient 43,6 % des suffrages. Le résultat est nettement plus serré que ce qu’annonçaient les derniers sondages. Le corps électoral de cette consultation excluait les français métropolitains arrivés sur l’archipel après 1988.

L’enseignement premier de ce résultat est que, pas plus en Kanaky qu’ailleurs, n’existe une « communauté de destin » regroupant des peuples issus de civilisations différentes, a fortiori héritant d’antagonismes historiques. A l’heure des choix cruciaux, la voix du sang et l’héritage des ancêtres prévalent toujours sur toute autres considérations.

Les tribus Kanaks regroupées au nord de l’archipel ont voté massivement pour l’indépendance, tandis que les Caldoches, d’origine européenne et métis, mais aussi les communautés polynésiennes (tahitiens, wallisiens..) se prononçaient pour le maintien dans l’ensemble français. Le vote est donc ethnique et la démocratie formelle (« un homme, une voix ») se conjugue avec la démographie, laquelle demeure partout et toujours une arme politique.

Pour les Caldoches, particulièrement ceux de la brousse, l’enjeu est d’éviter le triste sort des européens d’Algérie (« la valise ou le cercueil ») ou celui des blancs d’Afrique du Sud et du Zimbabwe, confrontés à l’effondrement économique de leur pays natal et victimes d’expropriations et de meurtres de masse encouragés par les autorités issues de la décolonisation.

Les Kanaks, malgré leurs divisions, ont su impulser une dynamique politique qui leur laisse bon espoir pour l’avenir. Ils remportent de toute évidence une victoire psychologique mobilisatrice pour leur jeunesse et leurs forces militantes.

Les accords de Nouméa prévoyant d’autres consultations, la poussée indépendantiste pourrait faire basculer le destin de l’archipel. Compte tenu des précédents historiques évoqués plus haut, un scénario possible serait celui d’une indépendance accompagnée d’une partition du territoire en deux entités plus ou moins homogènes, kanake au nord, européenne au sud. L’enjeu économique et géopolitique étant celui d contrôle des mines de nickel.

En Kanaky-Nouvelle Calédonie comme en Corse, la question politique centrale est celle de la guerre démographique couplée à la définition d’un corps électoral légitime. La tache des forces nationalistes en Corse est donc d’imposer, au niveau international, l’idée d’un corps électoral corse défini par le peuple corse lui-même comme seul légitime.

L’autre objectif politique sera de faire basculer une partie significative de l’électorat européen dans le camp indépendantiste, à mesure que l’hexagone sombrera dans le chaos. Pour cela, il conviendra d’incarner et d’imposer un modèle politico-social et sociétal radicalement alternatif à celui, déliquescent, de la République Française.

 

Source: Leia Naziunale

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