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Dans la série on marche sur la tête : Zemmour vs Sy

Marseille, lundi 24 septembre 2018 (prouvenco-info.com)

 

Voilà Eric Zemmour aux prises avec une polémique dont notre démocratie médiatique a le secret.

Lors d’une émission singulièrement badine animée par Thierry Ardisson sur C8, l’essayiste à succès s’offusquait que les personnes d’origine étrangère n’utilisent pas de prénom français pour « baptiser » leur progéniture. Il soulignait que la loi avait imposé cette pratique depuis le Premier Empire jusqu’en 1993, et cela sans choquer personne. Il ajoutait que ce principe permettait une bien meilleure assimilation des immigrés.

Pertinente réflexion alors que le communautarisme bat partout son plein. Pourtant, mademoiselle Sy, chroniqueuse de la chaîne et descendante de sénégalais ne l’entendit pas de cette oreille. La jeune noire prénommée Hapsatou fustigeait les dérives rétrogrades de son interlocuteur. Elle n’avait pas de leçon de patriotisme à recevoir : elle était fière de ses racines, fière de ses parents et remémorait que des tirailleurs de son pays avaient versé leur sang pour la France. Cette réplique un peu chaotique ne désarmait toutefois pas Zemmour qui persistait et déclarait au passage que la fille en question aurait mieux fait de s’appeler Corinne…

Mademoiselle Sy ne souhaite pas en rester là. Au-delà des excuses qu’elle réclame, elle prévoit de porter plainte. En outre, pour faire bonne mesure et montrer son attachement à la liberté d’expression, elle déclenche une pétition visant à faire interdire Eric Zemmour d’antenne !

Elle peut compter sur une partie de la classe médiatique pour soutenir son sombre dessein ; déjà Florence Ferrari a formulé toute sa sollicitude à travers une interview larmoyante à souhait.

Il est pourtant évident que, audimat oblige, les chaînes ne pourront pas se priver de Zemmour avant longtemps. Et puis, quoi qu’il arrive, rappelons qu’internet offre une suppléance très efficace aux médias corrompus par la fumisterie.

Hapsatou Sy avait convoqué l’histoire dans son intervention ; elle évoquait ses ancêtres combattants tombés pour la France. Il s’avère donc utile de souligner que si des Sénégalais ont participé à l’effort de guerre avec la France, c’est précisément parce qu’ils étaient alors, du moins en partie, français (1840-1960). Il eût été scabreux que toute la jeunesse de métropole s’engageât dans les batailles et que les Sénégalais en soient exemptés !

Voici les chiffres de l’implication guerrière des différents territoires que nous livre l’historien spécialiste de l’Afrique Bernad Lugan. Il concerne le plus meurtrier des combats, celui de 14-18 qui aura coûté à la France la vie de près d’un million et demi de soldats.

20% de la population française de l’hexagone a été mobilisée, soit 7 800 000 personnes, dont 1 300 000 morts ; 2% de la population d’Afrique du Nord (sous domination française) a été mobilisée, soit 218 000 personnes, dont 35 900 morts ; 1,6% de la population d’Afrique noire (sous domination française) a été mobilisée, soit 189 000 personnes, dont 35 000 morts.

Certes, la conscription n’aura pas été la même partout, mais qu’on le veuille ou pas, le nombre des tués de métropole représente 37 fois celui de l’ensemble de l’Afrique subsaharienne dont le Sénégal ne constitue qu’une partie.

De quoi relativiser l’enthousiasme victimaire d’Hapsatou Sy !

Christophe Arnould

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