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Sardinade et cuisine électorale

Sardinades
Sardinades

 

Les communes du littoral rivalisent d’idées d’animation plus ou moins pertinentes en ces périodes estivales : elles se disputent la curiosité du vacancier en goguette. Il s’agit de ne pas rater la saison. Feux d’artifices, bals, marchés nocturnes, concours divers, fêtes votives… tout est bon pour attirer les touristes. Hélas, toutes les villes ne sont pas logées à la même enseigne. Elles n’ont pas un prestige identique, leurs moyens ne sont pas comparables, et elles ne disposent pas forcément toutes de repère historique qui instruira le vacancier sur l’authenticité de telle ou telle manifestation.

Certaines ont organisé des festivités un peu artificielles, mais qui, au fil du temps, ont réussi à devenir d’incontournables rendez-vous auprès d’un public populaire et bon enfant. Les « sardinades » en sont l’une des expressions les plus emblématiques. Elles sont proposées chaque été à Marignane, Carry, Fos, etc… Notons que cette année, Martigues n’en a pas prévu, ce qui a dû décevoir bon nombre d’aficionados.

Une sardinade peut rassembler 1500 à 2000 convives.

 

C’est la commune de Port-de-Bouc qui semble l’origine de cette « coutume » et elle ne fait pas dans la modération.

À la différence des autres villes, la cité organise une « sardinade » qui peut rassembler 1500 à 2000 convives chaque soir de l’été près du port. Les agapes commencent à 18h00 et se poursuivre toute la soirée. Le visiteur aura à se déterminer entre différents menus proposés par des restaurateurs privés : moules-frites, produits variés de la mer, gardiannes… Les sardines (non pas grillées, mais à la plancha) seront distribuées par une organisation proche de la ville. Pour 5€ vous pourrez déguster quelques poissons en filet avec un verre de vin. Vous paierez 4€ seulement si vous les acceptez entières, ce qui nous apparaît comme un choix plus pertinent. La responsable des festivités nous a assuré que tout l’approvisionnement provenait frais de Méditerranée. Certes, la Provence ne peut pas procurer l’ensemble des poissons, et des commandes sont passées jusqu’à la frontière italienne. Il faut dire que, toujours selon l’organisatrice, cinq tonnes  de clupéidés sont nécessaires à toutes les soirées, et la mairie communiste ne semble pas craindre en l’espèce une multiplication miraculeuse !

Quoi qu’il en soit, l’idée rencontre un indéniable succès populaire et, concomitamment, politique. La municipalité communiste a sans doute bien compris tout l’intérêt qu’elle pouvait tirer de la fréquence d’une telle animation auprès de sa propre population et donc de son électorat. Ne perdons pas de vue que beaucoup d’habitants viennent chaque soir consommer des sardines subventionnées qui sont délivrées, comme par hasard, sous le fronton même de la permanence du Parti !

Outre les quelques poissons qu’il ingurgitera, le public et les militants pourront se livrer à un« balèti » sur fond de musiques aussi modernes qu’exogènes, et, pour le coup, bien éloignées de la tradition.

Christophe Arnould

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