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Ovins à Aubervilliers : derrière les bonnes intentions, le prix du sang !

Aubervilliers le 09 juillet 2018 (prouvenco-info.com)

Il y a quelques semaines, des ovins se promenaient dans les rues d’Aubervilliers. Nous vous proposons de nous intéresser à ces transhumances d’un genre inédit !

« Contrer la ghettoïsation »

L’association Les Bergers Urbains a décidé d’ouvrir les banlieues sur le monde agricole. Des passerelles sont créées entre la banlieue et la campagne. Soucieuse de « dynamiser les territoires urbains et d’offrir à un public qui méconnaît la paysannerie française », l’association promène des ovins dans les cités HLM depuis 2013.

Récemment, une vidéo a créé l’étonnement sur Facebook. https://www.facebook.com/AlainLegaret/videos/1733582200023820/

Des moutons transhument dans les rues d’Aubervilliers, ville qui jouxte Paris située en Seine-Saint-Denis (93). Cette randonnée ovine surprend les badauds et fait beaucoup parler sur Internet.

Selon l’une des associations porteuses du projet, l’association Clinamen, les moutons sont nés en ville. Pourtant les contours demeurent flous avec des races issues de « zones humides, herbages pauvres ou encore de la montagne ! ». Malgré ces paramètres flous, l’association vend une « matière première 100% traçable » !

En outre, selon Julie Lou Debreuilh, cofondatrice de Clinamen et des Bergers Urbains, l’arrivée des moutons en ville permet de prouver que l’on peut élever des animaux en aire urbaine. De plus ces moutons pourront être vendus pour l’alimentation des Franciliens après abattage. On est bien loin de la bienveillance désintéressée !

Combien ça coûte ?

Casser le ghetto et offrir aux enfants des cités dionysiennes une transhumance des ovins a un coût. Chaque transhumance ne coûte pas moins de 1 800 euros. Et quel impact sur des enfants qui semblent assez peu s’intéresser aux bêtes ?

La métropole du Grand Paris aurait versé une subvention de 30 000 euros aux Bergers Urbains. Au total, la métropole verserait 97 800 euros pour l’ensemble des projets (préparation, missions et accompagnement de la transhumance). L’association Sors de Terre, des bergers urbains, aurait touché 4 000 euros de la mairie de Paris et 12 500 euros de celle de Bagnolet.

Des cas précédents

Des ovins dans les villes, ce n’est pas vraiment une nouveauté. À Paris, des moutons broutent régulièrement l’herbe le long du périphérique parisien. De la même façon, nos confrères de Paris Vox abordaient il y a quelques mois le rôle des moutons utilisés au Parc de la Villette. Comme d’habitude, on met en avant la pédagogie au détriment de la sécurité des animaux.

L’avis des experts

Nous avons contacté Rémi Benson, président du Fond d’Élevage d’Ovins des Bouches-du-Rhône qui nous a confié son avis sur cette transhumance et Alain de Peretti, vétérinaire et président de l’Association Vigilance Hallal. Le fait de promener de la sorte des animaux est réglementé. La DDPP a confié à Alain de Perretti « que cette manifestation n’a pas été déclarée à notre [leur, NDLR] service ». Cette action est illégale, et on peut se demander qui serait responsable pénalement si un animal chargeait un enfant de la cité. Et les administrations semblent peu soucieuses des fonds versés…

Rémi Benson récuse le terme de transhumance qui se fait exclusivement au printemps dans des conditions beaucoup moins citadines ! Plus inquiétant encore, certains des ovins qui gambadaient dans les rues bitumées de la banlieue parisienne n’avaient pas de médaille d’identification et de traçabilité. Hors, comme le rappelle le président du Fond d’Élevage d’Ovins des Bouches-du-Rhône, cette médaille est obligatoire et anormale.

Julie Lou Debreuilh, cofondatrice de Clinamen et des Bergers Urbains se défend sur ce dernier point. Selon elle, les ovins perdent leurs boucles qui ne tiennent pas. Cette explication ne convient pas à Alain de Perretti qui dénote plutôt le « manque de professionnalisme » de « gens qui s’intitulent bergers sans en avoir les compétences ».

Au vu du bien-être animal et du coût pour la société, on peut légitimement s’interroger sur l’utilité de ces transhumances urbaines…

La rédaction.

3 réflexions au sujet de « Ovins à Aubervilliers : derrière les bonnes intentions, le prix du sang ! »

  1. Daniel Daflon dit :

    Il serait intéressant de connaître les conditions d’abattage de ces animaux. La SPA serait peut être intéressée par cette « transhumance ».

    Répondre
  2. marzia perez dit :

    cette france ou tout est degrader ne degoute les francais sont des faibles

    Répondre
    • Jean-Marie Guiglia dit :

      Merci pour votre mail et votre juste commentaire.

      Répondre

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