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Affaire Benalla: retour sur la déclaration de Macron devant les députés LREM.

Prouvenco-info.com 28 juillet 2018,

Réflexions d’un lecteur de prouvenco-info.com au sujet de l’affaire Benalla !

« Adieu veau, vache, cochon, couvée, «République exemplaire» et «moralisation» de la vie politique… Le lait de l’affaire Benalla s’est renversé sur le «nouveau monde», soudain plongé dans la tourmente. Les images montrant le chargé de sécurité du président de la République déguisé en policier tabassant des manifestants ont stupéfié les Français. Désormais, le silence du pouvoir les pétrifie.

Le «nouveau monde» n’est-il qu’un clone de l’ancien? Est-il lui aussi peuplé de ces démons qui, depuis Mitterrand, hantent la vie politique? À quoi bon parler de «grand dégagisme» et de «renouvellement de la vie publique» si un président Jupiter entiché d’un caïd doit imposer ses caprices à la République? À ceux qui veulent croire au «souffle nouveau» du macronisme et au «renouveau» de la pratique politique, l’affaire Benalla n’offre que barbouzerie, cabinets noirs, police parallèle, faits du prince, passe-droits…

À ceux qui la rêvaient claire, transparente, exemplaire, la République apparaît surtout fragile, abandonnée aux mains de quelques drôles de Marcheurs aux compétences incertaines et aux poings trop lestes, qui semblent installés par effraction à l’Élysée. C’est ce qui explique la crise qui paralyse aujourd’hui l’exécutif. N’est-ce pas là un bien lourd tribut pour un simple conseiller, si fidèle qu’il ait pu se montrer?

L’intégration d’Alexandre Benalla, jeune arrogant qui s’est cru intouchable, dans l’équipe présidentielle constitue indubitablement une erreur. Mais plus encore que l’erreur d’appréciation, la véritable faute a été l’obstination de l’Élysée à ne pas s’amender publiquement. »

Pour en revenir à l’intervention de Macron, plusieurs choses :

–       Tout d’abord, dans la forme, il n’a pas pris un très grand risque en créant une fan zone de députés LREM qui l’applaudissaient à tout va. En fait, il a fait comme Fillon lors du meeting de campagne des Républicains auquel il avait fait participer Pénélope qui avait été ovationnée. A la différence près c’est qu’il est aujourd’hui président de tous les français et qu’il n’a pas à adopter une attitude clanique.

–       Macron veut faire passer ce scandale d’état pour une simple erreur individuelle. Il s’agit de bien plus que cela avec une garde rapprochée de sbires privés. D’ailleurs, les deux responsables syndicaux de la police, Olivier Boisteux et Yves Lefèvre ont déclaré que « Benalla faisait régner la terreur. Les relations étaient exécrables et tous les services n’en pouvaient plus depuis un an .»

https://www.youtube.com/watch?v=ezXXKbXsblo

–       Cette affaire du premier mai n’est qu’un couvercle que l’on soulève faisant apparaître au grand jour la façon dont Macron s’arrange pour contourner l’état au profit de son seul pouvoir.

–       Macron déclare que les médias et l’opposition s’acharnent sur cette affaire. Il oublie que sa place à l’Elysée, il la doit à cet acharnement épaulé par les juges qui ont harcelé Fillon pendant la campagne présidentielle. Sans cet acharnement, Fillon n’aurait pas autant décroché et aurait eu le soutien de Bayrou lui permettant de virer en tête au soir du premier tour.

–       Macron estime que cette histoire a assez duré. Pauvre chou, cela fait à peine cinq jours. Quand on compare à ce qu’a dû endurer Fillon pendant trois mois pour des faits autrement moins importants vis à vis du fonctionnement de l’état.

–       Macron déclare concernant Benalla que les accusations d’appartement luxueux de fonction, de salaire exorbitant etc  ne sont pas fondées. Comme Fillon qui avait assuré que sa femme travaillait effectivement comme assistante parlementaire, Macron assène des vérités sans en apporter les preuves. Par contre le grade de lieutenant colonel de réserve de la gendarmerie il l’a bien, et à 26 ans, ça a fait grincer beaucoup de dents au sein des forces de police et de gendarmerie.

–       Macron déclare que Benalla l’a déçu et trahi. A tel point qu’il le garde auprès de lui de façon encore plus proche et plus confortable pour l’intéressé. Il l’a même chargé de faire accélérer le bus des bleus pour qu’il arrive à 20h à l’Elysée et lui permette de se faire mousser à la télé.
Frustrant ainsi des centaines de milliers de supporters venus sur les Champs Elysées pour profiter plus longuement de leurs idoles. Sans les révélations du Monde qu’en aurait-il été ?

–       Macron affirme qu’il n’y aura pas de fusible et qu’il ne coupera pas de tête. Pourtant, il y a trois jours, il affirmait qu’il allait procéder à une réorganisation en profondeur de la chaîne de décision.

–       Macron s’honore de voir s’enclencher trois procédures (parlementaire, policière et administrative). Comme je l’avais dit, il se présente en redresseur de torts. Pourtant, sans les révélations du Monde et l’insistance de l’opposition, jamais ces procédures n’auraient vu le jour. Sans compter que la présidente de la commission parlementaire est une députée LREM faisant planer un soupçon de conflit d’intérêt dans la manière dont sont menés les interrogatoires. Le président de cette commission aurait dû être un député de l’opposition. D’ailleurs, Nicolas Dupont Aignan a claqué la porte de la commission.

–       Macron n’a montré aucun signe de contrition. Il reste hautain et agressif. Il se fourvoie dans une défense malheureuse qui ressemble à celle de Fillon en 2017 et  à qui on avait reproché sa froideur. Et l’utilisation de l’humour dans de tels moments n’est jamais une très bonne chose.
Ce n’est pas parce qu’il affirme que Benalla n’est pas son amant que ce n’est pas vrai, même si au bout du compte on se moque de ce détail.

–       Le plus important de cette déclaration de Macron, c’est qu’il passe aux aveux et affirme qu’il est le seul coupable et responsable. C’est donc bien lui qui a fauté en s’entourant de sbires privés, et ce en contradiction totale avec les principes de sécurité du chef de l’état.

–       Et comme un vulgaire « kékou », comme s’il était dans un meeting avec des fans, pris dans un élan d’euphorie,  Macron déclare : « Qu’ils viennent me chercher ! » Comme un enfant qui fait le mariole derrière les grilles de la cage d’un chien menaçant. Il sait qu’il ne risque rien. S’il veut montrer son courage, il peut le faire de trois manières

1°) Répondre volontairement aux questions de députés de l’opposition qui viendraient l’interroger par exemple à l’Elysée en étant filmé et diffusé en direct

2°) Donner une conférence de presse avec des journalistes de tout bord politique (ce qu’il a refusé de faire depuis le début de son mandat)

3°) Organiser un référendum pour redemander la confiance des français après sa traîtrise sur ses promesses de gouvernance.

Les Républicains ont déposé une motion de censure au gouvernement. C’est la première fois sous la cinquième république. Il est même question de menacer de destitution le chef de l’état selon l’article 18. Même si ces procédures ont peu de chance d’aboutir, le simple fait de les évoquer et de les lancer démontre la gravité de la situation. Et il aura fallu attendre Macron pour vivre de tels moments.

Bravo l’artiste. Le traître c’est pas Benalla. Le traître c’est Macron, on l’avait déjà vu à l’œuvre contre son président Hollande.

Un traître trahira toujours.

 

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