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Aix-en-Provence ou Aix-en-Travaux , une ville d’eaux, ville d’art livrée à la furie constructrice.

Aix-en-Provence , 21 mars 2018 (prouvenco-info.com)

 

Aix-en-Provence ou Aix-en-Travaux , une ville d’eaux, ville d’art livrée à la furie constructrice.

Aix en Provence (Ais de Prouvenço) dont l’urbanisme et l’architecture du centre-ville lui donne un charme de ville italienne, et dont certains quartiers modernes (Jas-de Bouffan ou Encagnane) ont fait l’ objet d’une conception de qualité quand on les compare aux horreurs qui déparent nombre de villes françaises, est livrée depuis quelques années à une sorte de furie constructrice.

 

Il ne se passe pas de mois sans qu’un chantier petit ou grand ne s’ouvre. Trottoirs éventrés, rues barrées, palissades à tout va, rien n’est épargné à l’aixois promeneur, et ne parlons de la géhenne infligé à l’automobiliste qui n’a pas encore compris qu’une grande partie de la ville n’était pas pour lui.

 

Partout poussent les constructions, les éventrations, les rénovations, les démolitions.

Le tranquille quartier du Pont de l’Arc voit s’ériger quelques immeubles et un aixois de longue date saura que c’est dans le lit majeur de L’Arc. Si son âge le lui permet il se souviendra qu’ 1978 une crue de l’Arc baignait généreusement les terrains sur lesquels ces immeubles s’élèvent. Que dire pour le quartier avoisinant construit au pied de la Beauvalle ou sur l’ancien hippodrome. On frémit à la pensée des dégâts causés par une crue centennale de l’Arc. Toute cette partie d’Aix barboterait.

 

Que dire encore du Pigonnet et des Fenouillères où les villas un peu kitsch au charme suranné disparaissent les unes après les autres pour être remplacées par des immeubles à plusieurs étages.

Les facultés de Lettres et de Droit ont vu leurs jardins (ou sa roseraie pour la faculté de Droit) engloutis sous le préfabriqué ou le béton vitré (en Provence c’est une hérésie car le soleil tape dur et comme il faudra climatiser on s’imagine le coût et l’empreinte carbone).

 

Certains urbanistes ou architectes nouvelle manière avancent qu’il faut « construire la ville sur la ville » pour économiser du terrain. Certes cela est louable mais alors il faut éviter des ronds points pharaoniques qui consomment des hectares de bonnes terres.

Pour conclure cet inventaire sommaire d’une ville capitale du tractopelle et de l’échafaudage, que dire de cette saignée de nos rues et avenues qui traverse la ville d’ouest en est pour mettre en place « en site propre » un bus à haut niveau de service (BHNS), sensée améliorer la circulation, desservir quelques quartiers périphériques dont une partie de la turbulente population viendra en quelques minutes animer les Allées Provençales, la Rotonde et le Cours Mirabeau complètement déplumé.

De plus pour le confort de ce BHNS on réduit l’espace de circulation des autres véhicules ce qui, à coup sûr, va rendre les embouteillages encore plus pénibles Mais il se murmure que quelques techniciens à l’écologie agressive veulent à tout prix rendre la vie de l’automobiliste impossible.

 

Nos édiles, dont la première d’entre elles au verbe haut, feraient bien de ne pas se laisser fourguer n’importe quoi pour paraître au top de la modernité.

L’Hidalgo parisienne ne doit surtout pas faire souche dans notre ville.

 

Julien Peyrie

 

Crédit photos: DR

Une réflexion au sujet de « Aix-en-Provence ou Aix-en-Travaux , une ville d’eaux, ville d’art livrée à la furie constructrice. »

  1. Blairon Pierre-Emile dit :

    De Beyreuth à Beyrouth, triste destin !

     

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