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Un héros à Marseille

Marseille 31 janvier 2018 (prouvenco-info.com)

Précision : les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction. Média alternatif, Prouvenco-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place.

 

D’abord, les faits. Vendredi soir, un homme se présente à l’entrée d’une boîte de nuit du quartier de l’Opéra, à Marseille. Les videurs, qui « sentent » les  clients potentiellement à problème, lui refusent l’entrée. L’éconduit insiste, vocifère, finit par repartir. Dix minutes plus tard, il revient, toujours aussi excité, en agitant une liasse de billets pour montrer qu’il a les moyens de payer. Il est repoussé. Il sort alors une arme et fait feu à plusieurs reprises. L’homme qui l’a repoussé est un policier en civil. Il dégaine aussitôt son arme et riposte. L’agresseur, Mohamed Bekhri, 27 ans, « défavorablement connu des services de police », touché, décède peu après.

Voici quelques décennies, quand la France et l’Europe se tenaient debout, le policier aurait été félicité par sa hiérarchie et considéré par la presse comme un héros.

Mais ça, comme on dit, c’était avant…

Les douilles de la fusillade étaient à peine refroidies que le policier devenait un suspect. La justice lui reprochait de ne pas avoir été en service ce soir-là et d’avoir fait office de videur, au noir. La preuve qu’il venait travailler et non s’amuser : on n’avait pas trouvé d’alcool dans son sang ! Voilà maintenant qu’on reproche à un policier de ne pas picoler. Coluche, grand pourfendeur de flics dans ses sketches, n’avait pas imaginé cela…

On lui reprochait aussi d’avoir utilisé non pas son arme de service, mais une arme personnelle – qu’il détient légalement. Et surtout, la justice lâchait aussitôt son nom, son surnom, sa photo, son passé de flic d’élite à la BAC (brigade anti-criminalité), et jusqu’à son affectation actuelle dans un commissariat de quartier.

La presse a bien utilisé tous ces éléments, en consacrant de longs articles à cette affaire, et en signalant au passage que le policier avait, ces dernières années, assuré la protection de Marine Le Pen ou de Marion quand elles se déplaçaient à Marseille. Un fasciste donc.

Il lui est désormais interdit de porter une arme. Si les multiples frères ou cousins du défunt veulent venger leur parent, les voici informés. Est-ce ce que veulent la justice et la presse ?

Cette même justice, cette même presse, qu’auraient-elles préféré ? Qu’après avoir tiré à huit reprises (huit !) à l’extérieur de la boîte de nuit, et sans doute abattu les deux videurs, Mohamed Bekhri entre dans l’établissement et y fasse un carnage ? Marseille aurait connu son petit Bataclan, les ministres, préfets, élus, auraient défilé dans les lieux pour dire leur émotion, leur tristesse, leur consternation, et bien sûr leur détermination.

Détermination à quoi ? A traîner dans la boue celui qui a empêché une tuerie. Eh bien la partie saine de la population subsistant dans ce pays considère le policier Claude Da Luz, dit « Le Poulpe », comme un héros !

Luc DELONCLE

Crédit photo: DR

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