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Aix-en-Provence: leur « art » et le nôtre.

Aix-en-Provence 27 décembre 2017 (prouvenco-info.com)

 

Allez voir, dans n’importe quel « petit » musée de nos Provinces, dans la moindre chapelle de village, des peintures des écoles française, italienne, flamande, des XVIe ou XVIIe siècles. Vous en ressortirez émerveillé.

Passez ensuite au musée Granet d’Aix-en-Provence qui, depuis cet automne, propose deux expositions. La première, consacrée à l’inévitable Cézanne – et baptisée « Cézanne at home », que ne ferait-on pas pour s’aplatir toujours plus devant l’occupant culturel ! – vaut plus pour les courriers du peintre que pour ses œuvres, dont la plupart ne sont que des dessins ou des esquisses, sans grand relief.

 

La seconde consiste en une rétrospective de Pierre Jacob, dit « Tal Coat » (1905-1985). C’est consternant. Des traits en tous sens, des toiles monochromes… Le néant. L’apothéose de l’art contemporain. Un détail plaide cependant en sa faveur : de 1941 à 1945, alors qu’il s’était installé à Aix, sa biographie signale qu’il a passé son temps… à peindre. Lui au moins ne se sera pas inventé un passé de résistant.

A la sortie de cette double exposition, le visiteur passe devant deux bustes en pierre, sculptés au XIXe siècle par un artiste dont le nom est tombé dans l’oubli. Ces bustes, Minerve et Apollon, représentés avec un luxe infini de détails, sont d’une beauté à couper le souffle. Pour peu qu’il ait conservé un brin d’esprit critique, le visiteur ne pourra que se poser la question : « Par quelle tragique dégringolade de l’esprit humain sommes-nous passés de ceci à cela ? »

Si vous vous rendez à Aix prochainement, visitez plutôt le musée du Vieil-Aix (1). Vous y découvrirez de nombreux objets relatifs au terroir du Pays d’Aix. Mais pas uniquement : l’une des pièces maîtresses de ce « petit » musée est la maquette du Palais Comtal, construit au fil des siècles à partir de tours romaines, agrandi par le Roy René au XIVe siècle, et démoli peu avant la Révolution. Ce même Palais Comtal qui est au cœur de l’actualité puisque ses vestiges sont mis au jour en ce moment-même devant le palais de justice.

Luc DELONCLE

(1) 17 rue Gaston-de-Saporta, non loin de la mairie. Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 12h et de 13h30 à 17h.

 

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