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Johnny et Jean d’O ont leur lycée. A quand la rue, la place ou l’avenue?

Aix-en-Provence, 15 décembre 2017 (prouvenço-info.com)

Que ne faut-il pas dire ou faire pour faire parler de soi et tenter de montrer qu’on existe? C’est le cas de Renaud Muselier, vous savez le Président du Conseil Régional « PACA ». L’éternel second en politique municipale à Marseille puis devenu premier à la région en remplacement de Christian Estrosi, préférant retrouver « sa » ville de Nice.

Renaud Muselier, disais-je, n’a pas trouvé mieux que d’annoncer ce matin en assemblée plénière du conseil régional le souhait de donner le nom de Johnny Hallyday à l’un des lycées de la région. Mais le chanteur étant mort le lendemain du décès de l’académicien Jean d’Ormesson, Renaud Muselier va faire d’une pierre deux coups et proposera aussi le nom de l’immortel à un établissement secondaire et de twitter:  « Par cette action, je veux graver leur héritage dans le marbre et m’assurer que leur oeuvre sera partagée de génération en génération » .

Et ce n’est pas tout, son tweet précisait également que le lycée Saint Mitre prendrait désormais le nom de Simone Veil. Quelle originalité Monsieur Muselier que d’aller chercher son inspiration dans une actualité nécrologique hyper médiatisée! Je croyais qu’un lycée devait porter le nom d’une personnalité qui traverse les siècles et les générations sans aucune contestation possible!

Comme le précise Guillaume Faye dans son blog : « Dans trente ans, personne ne saura plus qui était ”Jean d’O” ni ne lira une ligne de lui ; en revanche, on lira toujours Balzac, Flaubert, Céline. Dans trente ans, bien peu écouteront encore les interprétations de Johnny, mais beaucoup continueront d’écouter les œuvres de Trénet, Aznavour, Brel, Brassens ou Gainsbourg.

Ce qui frappe, dans le cas de l’académicien–auteur comme du chanteur–acteur, c’est, qu’à l’inverse des véritables personnalités créatrices, qui ont toujours un écho international, ils sont rigoureusement inconnus hors des frontières de la France et de la Wallonie ! Deuxième trait commun : leur mondanité – dans des milieux très différents –et leur hyper–présence médiatique, qui remplaçaient leur  densité, inexistante. Créatures des médias, c’étaient des people et non pas des artistes. Johnny et Jean d’O étaient des personnages fabriqués par la communication, factices et superficiels, sans épaisseur. Ils étaient des produits, totalement issus de la com et de la pub, mais aucunement des producteurs. C’est pourquoi il est affligeant de voir l’idolâtrie posthume dont ils font l’objet. Cependant, elle ne durera pas, ils seront vite oubliés. Mais je fais le pari que vont surgir un peu partout, dans les mois qui viennent, des rues et des places ”Johnny Hallyday” et ”Jean d’Ormesson”.

Et bien nous y sommes, pauvres de nous. A peine enterrés et déjà 2 lycées à leur nom, qui dit mieux?

 

Marius BOUFFARTIGUES

 

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