Aller au contenu

Retour sur la Marche de l’Indépendance des Polonais du 11 novembre 2017

           La Marszu Niepodleglosci (La Marche de l’Indépendance des Polonais) a, cette année, empruntée son parcours habituel pour finir par rassembler plus de 120 000 personnes autour du stade National, après les avoir fait traverser des avenues de 45 mètres de large comme l’Aleje Jerozolimskie. C’est sous la forme d’un défilé interminable de plus de 46 minutes, saisi par les caméras de Russia Today, Spoutnik, et toutes les cameras nationales associées à celles des divers mouvements et associations que vous avez pu découvrir l’évènement. Aucune camera fixe sur tout le parcours de la part des médias meanstream comme c’est étrange … Je dis tout cela pour bien faire comprendre à mes lecteurs que le battage autour d’une « fake news » a bien fonctionné.

Varsovie, 11 novembre 2017, un rendez-vous a ne pas manquer…

J’avais pris date pour un rendez-vous important dans la capitale polonaise depuis plus de 10 mois. Ce fut l’un de ces moments qui vous restent a jamais gravé dans la cœur … Bien sûr je m’étais préparé à cette rencontre avec le peuple polonais, lors de ma quatrième visite, dans ce pays que j’aime tant. Ce que j’ai vécu cet après-midi du 11 novembre entre les grandes avenues, le pont de la Vistule et le stade national de Pologne, a dépassé largement toutes mes espérances.

             Ce chiffre tout d’abord de 60 000 participants, s’il est celui de la police et de fait celui du gouvernement, communiqué à des fins « d’apaisement » (diplomatique), car la vérité insoutenable d’un défilé de 125 000 personnes bravant le froid pendant des heures n’est pas du goût de la gouvernance européenne. Seul le visegradpost et Breizh info donneront ces informations par la plume de Ferenc Almassy avec qui je collaborais pour la collecte d’enregistrements et d’interviews lors de la manifestation, en coopération avec TV Libertés.

               Le président polonais, M. Duda semble avoir adopté pour sa communication le parti « de l’étranger » en toutes circonstances ; il va d’ailleurs « réprimander » les organisateurs, pour des questions formelles et certains slogans, pour donner du grain à moudre aux médias étrangers dès le lendemain. Plus sérieusement, il donne en toutes occasions une image « lissée » plus acceptable à l’international de … ce qui est en train de se mettre en route en Pologne. Une Pologne qui relève la tête et qui reprend confiance en elle-même. Ce chiffre de 60000 participants me parait être un « compromis acceptable » entre la réalité d’un évènement local gigantesque, et la capacité de digestion du Système politico-médiatique mondialisé, qui ne travaille plus lui qu’a l’uniformisation des Sociétés, des Nations comme de leurs économies… en bannissant tous particularisme historique !

             Ce qu’il faut retenir du succès considérable de la Marche, c’est qu’à titre de fait social et sociétal, il consacre la réussite du projet du président du PiS, Jaroslaw Kaczinski, à savoir d’amorcer une contre révolution Culturelle en Pologne. Voilà que la rue soutient le pouvoir, plus de place pour le doute alors… Il est l’inspirateur de la politique menée par Beata Szydlo, premier ministre depuis 2015. Les résultats excellents de cette politique pour l’ensemble de la population, ont abouti à des sondages d’opinions en faveur du PiS inégalés ces dernières semaines … Il est même question de « durcir les choses » depuis quelques jours ce qui pourrait amener le départ de Mme Szydlo et la création d’un nouveau gouvernement (j’ai mes informateurs). Mais ce ne sont là que spéculations à vérifier …

         Mais revenons encore une fois sur l’évènement. Je suis donc en train de relater, avec mon vécu enthousiaste, le plein succès de la manifestation nationaliste et patriotique la plus importante d’Europe. Tous les courants et associations de la société polonaise concernés étaient présents. Une énumération des radicaux, des confréries religieuses, de tous les courants patriotiques et nationalistes nous prendrait au moins une page Pour la sécurité ? 6000 policiers, invisibles puisqu’ ils contrôlaient un périmètre impressionnant (j’ai calculé jusqu’ à 1 kilomètre autour de la manifestation. Les antifas ? quand il y a 2 à 3 policiers par contre-manifestant ? On a relevé la présence de 3 infiltrés « antiquelquechose » qui aurait même tenté un sitting suicidaire rapidement évacués pour leur propre sécurité de la manifestation.

Aucun incident, aucune victime pour 125 000 à 150 000 manifestants, nous sommes bien loin de certaines réalités parisiennes en la matière !

            Mais marcher en tête d’un tel défilé, ou plutôt devant la double ligne des gilets orange de rudes gaillards en ligne de 50, au milieu des équipes de journalistes, surveillé par les hélicoptères et dans les explosions incessantes de pétards et toutes la fumée des torches portée par vent arrière, tout cela donne un climat martial et grave extraordinaire ! Quel bonheur sur tous ces visages d’enfants, de parents, des vétérans et des personnes d’un certain âge mais surtout beaucoup de jeunes., venue de tous les coins du pays. Bien sûr, l’ONR était bien présent et tous les courants de la droite dure, mais finalement ils se sont retrouvés un peu noyé dans la masse des citoyens polonais anonymes…

            On finit toujours par se faire absorber par la manifestation, entre deux interviews, harnaché de son casque, le micro dans une main, la mixette de prise de son dans l’autre. J’ai fini par me mettre, en bordure, a la nuit tombée pour regarder s’écouler le flux de cette rivière de patriotes radieux, profondément reliés dans leur cœur par cet amour du CHRIST, de LEUR Pays et de si fiers de leur histoire. Une Histoire, un Roman national pleinement assumé et revendiqué. Les Polonais ont-ils jamais failli à l’Honneur dans le passé ? Il existe des périodes sombres au Moyen Age, sous la gouvernance du Marechal Pilsudski, et durant la période communiste, mais sur 10 siècles d’histoire ce n’est rien. Pour tous les non Polonais, ce fut un honneur de participer à cet évènement ; je pense que nous étions des centaines, dispersés dans le cortège, même si les leaders ont pu s’exprimer sur les estrades avant que la Marche ne débute. C’est à la quête de francophones que j’ai rencontré Adam, belge patriote et dont vous avez pu entendre quelques mots sur radio libertés. Il était enchanté d’être là, malgré les 3° dans le vent latéral sur le pont, et comme il me l’a dit hors micro » c’était la place des braves » sic… Nous avons pu également interviewer un prêtre, que vous avez découvert dans le journal du 13 novembre de TV Libertés… Un témoignage édifiant et poignant.

       Le thème de cette année de la Marche était : « my chcemy bog » (littéralement, nous voulons Dieu). Avec un « my » d’insistance, qui souligne s’il le fallait, que le Dieu des Polonais était celui des chrétiens et surtout des catholiques. En 2015, le slogan de la Marche était : la Pologne, bastion de l’Europe et ce fut le plus grand défilé que l’on est vu en Europe depuis ceux de Solidarnosc ! Depuis lors, plus d’incidents plus de violences dans la Marche ; est ce l’arrivée au pouvoir du PiS la même année qui serait la réponse ? Les organisateurs sont aujourd’hui surs de leur force et ce sont les chiffres qui parlent pour eux !

         Il est bon de parler un peu du Nationalisme polonais et de sa nature tout à fait originale. Il se définit comme identitaire et catholique, anticommuniste, antilibéral (dans son expression sociologique : individualisme, laïcisme, ouverture au monde LGBT et avortement sont proscrits), et enfin anti-islam. (Ces données sont celles de F. Almassy dont j’ai déjà cité le travail plus haut).

A partir de ces informations, il devient plus facile de comprendre l’ordonnancement du défilé malgré l’apparence hétéroclite de ce dernier. En tête des bannières de croix de Jérusalem, au côté du slogan rouge sur fond blanc (les couleurs nationales). Les Polonais entendent ils prendre à leur compte la préservation des lieux saints et celle de toute la Catholicité ? Faut-il rappeler qu’il y a tout juste un an, et tout à fait officiellement, lors d’une cérémonie magnifique et simple à la fois, les plus hautes autorités de l’Etat et celle du clergé Polonais, on fait du Christ le Roi de la Pologne… La présence des confréries religieuses, de leurs bannières, au milieu de celles des mouvements antiavortements et celles des ligues de protection des familles et de leurs valeurs, donne la tonalité particulière de cette marche

             Je voudrais terminer cet article par présenter ce qui est le fond de l’affaire, si j’ose m’exprimer ainsi sur un sujet aussi élevé : l’identité polonaise est intimement liée a sa réalité spirituelle.

               Introduisons le propos en reprenant les mots d’un historien français d’origine polonaise, Edouard Krakowski, qui voyait des 1937 » …dans cette Réalité Spirituelle, un potentiel d’énergie et de vie des Nations, nourries de la Mémoire, fidèle et loyale mais sans esprit morbide, autant que de la Persévérance de leur élan vers l’Avenir. Le plus grand danger, poursuivait-il, c’est l’abandon progressif au moindre effort, la perte de toute foi, de tout idéal, l’oubli de toute tradition qui en viendrait à vite ruiner la source spirituelle d’énergie. Un peuple peut être encore vivant, d’une vie opprimée, mais secrètement nationale lorsqu’ il est conquis. Il risque de perdre, dans sa pleine liberté, cette vie nationale lorsqu’ il n’en fait plus usage que pour la recherche du lucre et des jouissances. » Témoignage ? paroles prophétiques ? en quelques mots l’histoire de la Pologne « moderne ».

                 Mais alors, la Pologne qui a adhéré à l’OTAN en 1999 (après avoir rejoint l’OCDE en 1996), puis intégrée l’UE en 2004, assurant sa Sécurité d’Etat, tout en voulant rattraper son retard de développement, et qui finit par connaitre la prospérité avec un taux de croissance du PIB de 3,5 à 4,5 depuis lors, doit-elle être montrée du doigt pour ses choix de Nation Souveraine et ne sommes-nous pas complices ? C’est bien ce qu’attendent la gouvernance européenne et leurs médias chiens de garde, ne croyez-vous pas ? Condamner un pays par ce qu’il veut être loyal envers lui-même, ça ne rappelle pas les procès staliniens ?

          Devons-nous laisser la Pologne seule en Europe, assumer le poids du choc des civilisations dans une intégration mondialisée menée tambour battant par les cliques Soros/Bildelberg ? (Ce groupe, ou plutôt ce club au 130 membres sélectionnés dans le milieu des affaires, de la diplomatie et de la Presse). Seule face à l’islamisation cheval de Troie ? Une fâcheuse habitude que de prendre de haut ceux qui sauvent votre honneur vous ne croyez pas… En fait aujourd’hui tout comme en 2004, les mêmes questions se posent pour la majorité des Polonais : faut-il perdre son âme pour assurer l’avenir ?

        Les Polonais ont repris confiance en eux-mêmes, les réalisations techniques dont ils sont capables aujourd’hui, et leur réussite économique,  les poussent à affirmer un projet national original, même si la réalité des salariés est encore celle de semaines de travail de 45 H/semaine, et des salaires moyens rehaussés par la politique du PiS, 75 milliards de ZLN pour une politique sociale, et tout dernièrement la fin du travail le dimanche pour 2019 !Ils sont parfaitement conscient de leur atout géostratégique incontournable, grands amis des USA, frontalier de la Russie(Kaliningrad !). Si les Polonais ont aujourd’hui un oppresseur c’est bien l’UE, qui après avoir misé beaucoup sur le cheval polonais, n’entend rien perdre ! Pour l’heure c’est le Statu quo.

             L’année 2018 sera celle du centenaire de l’Indépendance, et donc de la « recréation géophysique de l’Etat polonais », voulu par les vainqueurs du premier conflit mondial, les Anglo-Saxons et la France principalement. Ce pays s’apprête à accueillir des millions de visiteurs supplémentaires, au premier chef bien sur ce qu’il reste de la diaspora polonaise disséminée sur tous les continents. Je vous souhaite d’être de ces visiteurs pour aller vérifier mes assertions. Ce pays a beaucoup à nous montrer et à nous apprendre. Je vous renvoie également à ce qui est présent et disponible sur You tube, sur TV Libertés et radio libertés…

                Pour terminer mon propos, je souhaite donner la parole à celui qui fut le plus grand Polonais de son temps (et qui le demeure dans le cœur de la majorité de la population…), Karol Josef Wojtila, prêtre, évêque de Cracovie puis archevêque de la même ville, et enfin pape le 16 octobre 1978 a 58 ans. Le pontificat de Jean Paul II dura 26 ans 5 mois et 17 jours, le troisième plus long de l’Histoire. Pour certains il fut un des plus grands « meneurs politiques » du 20 éme siècle. Les Polonais ne pourront jamais oublier son « … n’ayez pas peur » alors que le monde entier tremblait pour la Pologne. Il est à l’origine de l’incroyable courage de Lech Walesa et de Solidarnosc face à l’ours blessé à mort qu’était l’union soviétique. Ils ont réussi non pas à libérer la Pologne du joug communiste, mais tous les pays « frères » par leur exemple.

             Voici le propos du souverain pontife le 3 décembre 2001, recevant l’ambassadrice de Pologne auprès du Saint Siège, Madame Hanna Suchocka « L’action est juste qui garantit à la Pologne, la place qui lui est due dans les structures politiques et économiques de l’Europe unie. Il faut, TOUTEFOIS, que la Pologne y prenne place en tant qu’État possédant sa propre identité spirituelle et culturelle, sa tradition historique, liée au christianisme. Cette tradition, cette Identité Nationale, la Pologne ne peut y renoncer. »

           Quelque chose me dit que Jean Paul II était présent, l’autre jour dans la fumée, le vent les milliers de torches rouges, et les sourires, tout au fond des cœurs de tous ces marcheurs…

  Christian GUITTON

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *