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Choix risqué pour l’aviation d’affaires en Avignon

Lors de la dernière assemblée plénière du vendredi 16 décembre 2016, l’Assemblé Régionale « PACA » a validé une fois de plus le projet de budget en faveur de l’aéroport d’Avignon.

Quelques interrogations subsistent néanmoins. Ce budget de 10,2millions se répartit en 1,9million pour l’exploitation et 8,2millions pour l’investissement (dont 6,4millions d’immobilisation). La situation économique de cet aéroport est loin d’être florissante. La région n’ayant pas mis à profit les quelques mois restants avant la fin de l’année (mars 2017) pour définir les actions concrètes afin de rétablir l’équilibre financier.

En effet la chambre de commerce du Vaucluse, le délégataire, n’a définit sa stratégie commerciale qu’exclusivement sur l’aviation d’affaires pour l’exploitation et la construction de bâtiments pour la partie immobilière. L’exemple à suivre est symptomatique et significatif de cette stratégie incohérente. En effet l’investissement de 2,3millions, financé par la région pour réhabiliter un vieux hangar datant de la dernière guerre mondiale , obligera celui-ci à changer sa « destination »; les avions ne pouvant y accéder à cause de leur dérive. Sic!

Le choix de la direction de l’aéroport de miser sur l’aviation d’affaires est très risqué quand on sait que ces avions d’affaires peuvent se poser à moindre coût sur des aéroports de proximité: Carpentras, Aix les Milles, Nîmes Courbessac…

Pour le moment 90 % des mouvements sont issus de l’aviation générale autrement dit de loisir. Pour mémoire je rappelle que cet aéroport n’est touché que par deux compagnies (Flybe et City jet) qui desservent seulement 4 lignes en Corse et au Royaume Uni. Il conviendrait donc pour leur usage d’installer une pompe d’essence en self service dont le coup serait pris en charge par le pétrolier désigné. Mais passons…

A contrario cet aéroport dispose d’un système d’aide à la navigation appelé ILS. Système qui permet aux appareils de se poser dans des conditions de visibilité minima, sous assistance bien sûr des contrôleurs aériens. Or l’Etat, donc la DGAC, ne maintiendra ces personnels que pour le cas ou les vols commerciaux sont présents.

Sachant que l’État se désengage des plate formes régionales il ne reste dans la région PACA et dans la région voisine qu’Avignon pour permettre cet entraînement, la Gendarmerie et L’Armée en profitant également. Il faut savoir que 50% des pilotes de lignes actuellement viennent des aéro-clubs. Le nouveau système de guidage prévu par l’État n’est pas accessible par son coût à l’aviation générale. Il semble donc nécessaire pour permettre l’entraînement des pilotes privés de maintenir le système actuel.

Notre pays, par la qualité de ses pilotes, par le nombre d’aéroports et d’aérodromes, est la référence aéronautique dans le monde. Notre région a toujours été à la pointe des innovations dans ce domaine, ne convient-il donc pas de protéger cette filière d’excellence ? La direction de l’aéroport d’Avignon  soutenue par Christian Estrosi ne semble pas convaincue.

Viviane VOULANT

 

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