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Dictateurs: les gentils de gauche et les méchants de droite!

Avec la mort de Fidel Castro, un des pires dictateurs communistes du XXème siècle (lequel en connut pourtant beaucoup), un homme qui ne déparait guère aux côtés des Kim Il Sung, des Enver Hodja, des Mao Tse Toung, des Pol Pot et des autres tyrans de sinistre mémoire que nous avons connus, on assiste, un peu abasourdi, presque incrédule, à la stupéfiante opération de toilettage du personnage à laquelle se livrent aujourd’hui avec beaucoup d’empressement tous nos médias, lesquels, par l’étendue de leurs hommages émus, compassés, presque larmoyants, nous révèlent les trésors d’indulgence qu’ils conservaient dans le fond de leur cœur pour ce grand bienfaiteur de l’humanité.

Certes on n’hésite pas à rappeler qu’il n’était pas un très grand démocrate, on va même jusqu’à reconnaitre qu’il était un peu dictateur sur les bords, mais on lui trouve aussitôt des circonstances atténuantes : s’il était comme ça, ce n’est pas parce qu’il aurait été foncièrement méchant mais c’est uniquement de la faute aux vilains Américains, lesquels se sont constamment ingéniés à lui mettre des bâtons dans les roues et à contrecarrer ses projets si généreux et si bienveillants. Mieux, on n’hésite pas à créditer l’implacable et inamovible bourreau du peuple cubain de grands mérites : il aurait, par exemple, mis en place dans son île un système scolaire très performant et un système de santé d’une grande qualité dont, tous les cubains (à l’exception bien sûr des « mauvais citoyens », des « agents de l’impérialisme » et autres « ennemis du peuple », invités, eux, à croupir à l’ombre enfermés au fond de sinistres culs-de-basse-fosse ou à expier leurs fautes en s’exténuant sous le soleil dans les camps de travail du régime), auraient eu grâce à lui la chance de pouvoir bénéficier.

Quand, le 11 septembre 1973, le Général Pinochet, répondant aux appels de plus en plus pressants du peuple chilien, lequel se voyait entraîné contre son gré dans un socialisme de plus en plus calamiteux (606% d’inflation, pénurie et rationnement de toutes les denrées alimentaires de base, etc.) par un Salvador Allende qui n’avait dû son accession à la présidence du Chili qu’au fait d’avoir été celui des trois candidats en lice ayant obtenu le plus de voix (36,6%), un Allende en réalité minoritaire dans le pays, qui faisait allégrement fi des décisions de justice et, sans sourciller, passait outre tous les votes du parlement, un Allende qui, pour se maintenir au pouvoir, s’appuyait de plus en plus ouvertement sur l’action violente, la politique du fait accompli et de la terreur (plus de 200 assassinats) mise en œuvre par une 5ème colonne constituée d’agents cubains infiltrés et des guérilléros d’extrême-gauche du MIR, se décida à renverser l’apprenti dictateur et à s’installer au pouvoir à sa place, on pouvait penser qu’il avait fait là œuvre utile.

Ce n’est pourtant pas ce que, dans sa majorité, voulut considérer une opinion internationale bien catéchisée, habilement prise en main par les médias dominants. Partout on manifesta une véhémente réprobation à l’égard du nouveau Franco et on pleura le martyr de la démocratie. On s’indigna des victimes de la répression policière : au total 2 296 morts ou disparus parmi les opposants d’extrême-gauche au nouveau pouvoir (chiffre établi en 1991 par la Commission Nationale de Vérité et de Réconciliation). Mais, en 1988, après avoir rétabli l’ordre et la prospérité dans son pays, le « dictateur » Pinochet sollicita par voie de référendum la prolongation de son mandat. N’ayant obtenu des électeurs que 44,01 % des voix, il organisa alors des élections présidentielles et, le 11 mars 90, céda la présidence au candidat sorti des urnes, le démocrate-chrétien allié aux socialistes, Patricio Aylwin : ça, mes amis, c’est de la vraie et implacable dictature !

A contrario, quand les frères Castro ont-ils, par voie de référendum, demandé au peuple cubain s’il souhaitait la prolongation de leur pouvoir totalitaire, lequel, instauré en janvier 1959, est aujourd’hui, plus de 50 ans après, toujours solidement en place ? De combien de fusillés, de combien de morts de faim, d’épuisement ou sous la torture, de combien de noyés entre Cuba et la Floride, Castro et sa bande (dans laquelle le photogénique Che Guevara ne fut pas le moins sanguinaire) sont-ils les responsables ? Selon « Le livre noir du communisme », de 15 000 à 17 000 personnes ont été fusillées à Cuba. Des milliers d’autres victimes ont péri en prison ou dans le goulag cubain du fait de tortures et de privations, et environ 77 000 se sont noyés après avoir tenté de fuir sur des embarcations de fortune le paradis castriste. Pas mal ! Notre Vergès-pays qui, en matière d’assassinat, n’a sur la conscience que celui d’Alexis de Villeneuve, à côté de ça, ne fait décidément pas le poids !

J’espère que l’impayable rigolo qui, pour quelques mois encore, sert de président à notre pauvre république, prendra lui-même la tête de la délégation qui se rendra à La Havane pour présenter au peuple cubain affligé par une si grande perte les condoléances fraternelles du peuple français.

André Pouchet, le 28/11/16

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