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Rendez-vous de Béziers : Succès ou échec ?

Le Rendez-vous de Béziers, organisé par Robert Ménard, et dont l’ambition était de créer un grand rassemblement des Droites, baptisé pour l’occasion « Oz ta droite », fut en réalité un demi-succès.

Ce week-end fut une réussite d’abord par le public qui s’est déplacé en masse. Au moins 1800 personnes étaient présentes le samedi, qui était la journée où se tenaient les tables rondes. De nombreuses personnes venues de partout en France : une grande majorité de sympathisants politiques du Front National, mais également des sarkozistes, des chrétiens démocrates, quelques identitaires, quelques personnes arborant fièrement l’emblème de l’Action Française.

On trouvait également en grand nombre des citoyens appartenant à cette « droite populaire » qui ne se retrouve pas nécessairement dans un parti politique, mais qui éprouve un attachement identitaire aux valeurs de la Droite. En plus des simples citoyens, plus ou moins engagés, il y avait également de nombreux élus : là encore avec une forte délégation d’élus frontistes avec en figure de proue Marion Maréchal-Le Pen et Louis Aliot, mais aussi Jean-Frédéric Poisson, candidat à la primaire des Républicains.

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Ce fut également un succès par la qualité des intervenants rassemblés pour ces tables rondes : l’entrepreneur Charles Beigbeder, Jean-Yves le Gallou, président du Think Tank Polémia, le criminologue Xavier Raufer, l’avocat Thibaut de Montbrial, le philosophe Alain de Benoist ou encore l’économiste Hervé Juvin. Les intervenants se sont exprimés sur des sujets aussi variés que l’agriculture, l’Europe, l’immigration ou l’école. Et, chose assez rare, le public a eu un très long moment à chaque fois pour interpeller les conférenciers et présenter ses propres idées.

Ce rendez-vous de Béziers a pourtant montré ses limites notamment parce que les choses semblaient biaisées d’entrée de jeu.

Tout d’abord, quel était l’objectif réel de ces journées ? La réponse n’était pas évidente pour tout le monde.

Pour le Front National, il s’agissait d’ouvrir un espace de dialogue avec la droite « villiériste », de tradition catholique, attachée aux valeurs familiales et aux questions fiscales, électorat qui, selon certains responsables du FN, « pense comme le FN mais vote toujours pour les Républicains ».

Pour Valeurs Actuelles, coorganisateur de ces journées et représenté par Yves de Kerdrel et par l’éditorialiste Denis Tillinac, comme pour certains des intervenants, l’objectif étaient au contraire de rabattre l’électorat frontiste vers une candidature sarko-chiraquienne.

Pour Robert Ménard lui-même, la réponse ne semblait pas évidente : peut-être dans un souci de ménager la chèvre et le chou, peut-être dans une volonté de ne pas briser trop tôt le suspens et d’entraîner le départ des journalistes, le maire de Béziers a soufflé le chaud et le froid.

Avec de tels divergences, il était évidement difficile de maintenir une cohésion à l’ensemble, et l’édifice n’a pas tardé à se fissurer :
A force d’entendre certains organisateurs ou intervenants insulter le Front National en le qualifiant tour à tour de « parti d’extrême droite sectaire » (Yves de Kerdrel) ou de parti « d’extrême gauche communiste » (Chantal Delsol), et consciente qu’en restant à Béziers, elle donnait le sentiment de cautionner ces accusations, Marion Maréchal-Le Pen est partie dans la matinée de samedi après que Robert Ménard ait affirmé ne pas vouloir servir de marchepied à Marine Le Pen.

Autre échec notable : l’absence de Nicolas Dupont-Aignan, d’Eric Zemmour et de Philippe de Villiers ainsi que le peu d’élus Les Républicains qui avaient fait le déplacement.
Enfin, il semblait devoir sortir de ces tables rondes des propositions politiques qui étaient autant de « marqueurs politiques de la Droite ». Hors, les propositions étaient écrites à l’avance, et ont même fuité deux jours avant dans la presse.

Au rendez-vous de Béziers, les Droites ne semblent s’être rassemblées que pour étaler leurs divisions en plein jour …

Une réflexion au sujet de « Rendez-vous de Béziers : Succès ou échec ? »

  1. Franck dit :

    Ce qui est certain c’est que si quelques personnalités médiatiques ou politiques (Zemmour, De Villiers, etc), franchissent un jour le cap de déclarer publiquement « Je soutiens et je vote pour le FN », un énorme pas sera franchi. Apparemment on n’en est pas là.

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