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Conseil régional : les élus FN font annuler la fin de la séance

Séance tendue hier, 24 juin 2016, au Conseil régional PACA.

D’emblée, l’une des premières délibération commence à  échauffer les esprits. Alors que la région PACA souhaite passer une convention triennale avec l’association Bleu
Blanc Zèbre pour faire face « aux problématiques d’emploi et d’insertion », l’opposition Front National, par la voix d’Éléonore Bez, accuse une nouvelle fois la majorité de Christian Estrosi « de faire encore plus fort que Michel Vauzelle » en augmentant les subventions à cette association qui affirme « vouloir tout faire pour empêcher Marine Le Pen d’arriver au pouvoir en 2017 ».

La situation ne s’est pas vraiment calmée après l’intervention de Marion Maréchal-Le Pen sur les portiques de sécurité d’Estrosi qualifié de « gadget » et celle d’Olivier Bettati sur le numéro Vert mis en place par la majorité pour aider les entreprises à remplir leur dossier de subventions. Cette intervention, très bien orchestrée par ce transfuge de l’UMP, ancien adjoint de Christian Estrosi à Nice et habile communicant, était en fait un enregistrement d’Olivier Bettati lui-même, qui appelait le fameux numéro vert pour s’entendre dire par une fonctionnaire qui semblait bien mal à l’aise, que finalement, « le nouveau dispositif était identique au précédant ».

 

Conseil Régional
Christian Estrosi, Président du Conseil régional

 

Le président de l’assemblée a alors explosé, égrainant une litanie qui n’avait rien de spontanée, et dans laquelle il accusait de Front National d’être systématiquement contre la sécurité et contre le développement économique. Il a également appuyé son discours de nombreux exemples où son unique portique installé dans la gare des Arcs (Var) auraient, selon lui, permis d’empêcher de graves délits.

Bronca dans les rangs du FN et suspension de séance par le président.

Par ailleurs, de nombreux élus Les Républicains, comme par exemple Sonia Zidate ou Agnès Rampal, ont utilisé leurs interventions pour faire des critiques d’une extrême violence à l’égard des élus du Front National, violence touchant quasiment à la haine lorsque la cible de leurs invectives était Marion Maréchal-Le Pen.

 

La suite du conseil s’est heureusement mieux passé, notamment sur les débats d’enjeux économiques et techniques avec les débats entre Bernard Kleynhoff (LR) et Thibault de La Tocnaye, expert économique du Front National, et corédacteur du programme de Marine Le Pen en 2012.

Le président du Conseil Régional a même accordé à plusieurs reprises à Thibault de La Tocnaye de nombreuses minutes supplémentaires pour ses interventions, qui étaient certes bien plus dans la suggestion que dans la critique politique pure.

 

 

Conseil Régional
Thibault de La Tocnaye et Eléonore Bez, Groupe Front National

 

 

Et si de nombreuses délibérations ont été approuvées par le groupe du Front National, montrant sans doute par là des convergences, notamment au niveau économique, les quelques oppositions ont été franches et vives, notamment sur les questions de vivre ensemble, ou de lutte contre l’islamisme.

C’est d’ailleurs suite à une intervention de Jean-Philippe Lecoinnet (FN) sur un dossier concernant le « Soutien au dialogue euro-méditerranéen et à la prévention des radicalismes » que la situation a dérapé. Cette délibération qui consistait à attribuer une enveloppe de 150 000 € pour des projets faisant la « Promotion des droits humains, du droit des femmes, de l’égalité entre les femmes et les hommes et lutte contre les discriminations ».

L’élu FN a reproché à la majorité de ne pas avoir « le courage de nommer une seule fois l’ennemi », c’est à dire, selon lui, « l’islamisme ».

Une tempête d’insultes a alors fusé dans les rangs de Les Républicains, alimentée par Christian Estrosi lui-même qui a accusé le Maire Front National de Fréjus (qui n’est pas membre de cette assemblée) de collusion avec les islamistes dans sa ville et d’avoir intentionnellement laissé construire la mosquée de la ville.

 

Devant le refus de Christian Estrosi de redonner la parole à l’opposition, les élus FN, excédés, ont quitté l’hémicycle. Par faute de combattants, un tiers des les élus LR étant parti à mi-séance, les élus FN ont fait annuler la fin de la séance, qui reprendra dans les prochains jours.

 

La rédaction.

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