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Cinéma : L’ «Artplexe» nous laisse perplexe

L’enfer est souvent pavé de bonnes intentions… Et parfois même d’intentions désespérées, voire grotesques. Il ne fait plus mystère que la mairie de Marseille tente tout (et souvent l’impossible) pour redorer la face vérolée de la cité phocéenne bien souvent déshonorée. Tout y passe : ravalement de façades, travaux partout (et pour tout) qui font passer Homs pour un modèle d’ordre architectural et de sérénité, circulation chaotique… Bref, c’est le grand chantier partout et toute l’année. Dernière initiative et pas des moindres, la création d’un nouveau cinéma multiplexe sur les hauteurs de la Canebière ! Un nouveau cinéma nommé « l’Artplexe ».

 

Cinéma

 

Après une tentative avortée en 2014, par la société MK2 (Marin Kramitz), ce projet, validé par le conseil municipal en Janvier 2016, verra donc bientôt le jour sur le square Léon Blum, au triste endroit ou les bouquinistes de la place Carli avaient déjà été déportés (et en partie décimés) il y a 3 ans. Très drôle quand on sait que la mairie elle-même devra céder sa place !..

Un nouveau cinéma nommé « l’Artplexe »

 

Mais c’est surtout une déclaration de Sabine Bernasconi, la maire du 7eme arrondissement qui retient l’attention et atteint les cimes du grotesque. Elle en a en effet déclaré qu’elle souhaitait la création d’un « Nouveau BROADWAY » « un nouveau SOHO » !!! On imagine bien la comparaison avec l’illustre allée Américaine, le « Walk of fame », où les plus grands acteurs hollywoodiens laissent leur empreinte dans le plâtre, avec la Canebière où les passants (moins illustres certes), pataugent, eux dans les étrons canins, où les emballages de Kebabs, issus des nombreux bars à Bledards du boulevard, donnant au lieu son cachet si « traditionnellement Provençal » (ex- æquo avec les immenses bâtiments universitaires de type soviétique). Car il ne fait nul doute et depuis bien longtemps que la Canebière est bel et bien restée le fier emblème de notre ville, avec ses souks (où l’on fait parfois de bonnes affaires, reconnaissons- le), ses boutiques de téléphones portables, et ses kebabs et où le pauvre Odéon tente de se dresser toujours plus pour sauver l’honneur … et les vestiges d’un hypothétique Marseille français…)

Pour les plus anciens et ceux qui ont le plus de mémoire, rappelons aussi ce fabuleux exercice de logique qu’avait été la fermeture durant l’été 2007 de l’UGC capitole, qui était, déjà un complexe cinématographique (même si sur la fin il s’agissait plus d’un coupe-gorge), où le film, pour peu qu’il fût d’horreur devenait réalité… Cinéma qui était lui même survivant d’une flopée de cinémas de quartiers des années 70 et 80…

Le destin semble en effet revenir sur lui-même. On a l’impression de voir alors une si évidente illustration de la politique de gestion de Marseille : défaire et défigurer pour jouer à l’apprenti chirurgien. Ainsi va le destin de Marseille la décadente…

Une réflexion au sujet de « Cinéma : L’ «Artplexe» nous laisse perplexe »

  1. Emmanuel dit :

    Tombé par hasard sur cet article, serait-ce un Gorafi à la sauce provençale ? En tout cas difficile de rester sérieux devant ces relents réactionnaires, pour ne pas dire franchement racistes, qu’on croirait volontairement exagérés, un peu comme l’accent du coin. Avec cette merveilleuse image de l’Odéon qui se dresse « toujours plus pour sauver l’honneur » de la cité – quelle gloire ce théâtre, en effet ! Sans doute le plus ringard de la ville. Tout ça pue la nostalgie d’un Marseille qui n’a jamais existé (relire Albert Londres, Ousmane Sembène, Claude McKay…). On sent derrière sa plume un auteur rétrograde par principe, frustré par sa propre petitesse d’esprit.

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