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Air France traverse une zone de turbulences !

Air France Turbulences

 

Qui n’a pas vu ces images des deux cadres, dont le Directeur des Ressources Humaines de la compagnie, s’enfuyant torse nu pour échapper à la foule ? Ce lynchage médiatique est le résultat d’une accumulation et de vives tensions entre la direction générale et ses salariés.

Certes il faut condamner ces violences syndicales inadmissibles. Pourchasser deux dirigeants non sans les avoir malmenés, relève de méthodes dignes des séries policières les plus sombres.

Mais pourquoi en sommes nous arrivés là ? Les relations sociales depuis l’arrivée de cette nouvelle équipe : Alexandre de Juniac, Frédéric Gagey, Xavier Broseta … se sont dégradées au fil du temps. Alors même qu’ils prétendaient communiquer et informer, comme par exemple avec des vidéoconférences régulières, personne n’était dupe. Il s’agissait plutôt pour eux de se mettre en scène avec des « questions filtrées », sous couvert d’information; mais sans jamais annoncer l’essentiel. L’essentiel, quel est il ? La compagnie n’a pas su anticiper sur les nouveaux modèles économiques, méprisant à leurs débuts les compagnies low cost, n’ayant pas vu la menace des compagnies du Golfe, retardant la refonte totale des produits et des cabines, contrairement à ses concurrents européens et asiatiques et continuant d’acheter la paix sociale en particulier sur des escales stratégiques comme celle de Marignane ou le syndicat CGT est roi.

 

Un plan en 2015

 

Un plan Transform 2015 a donc été mis en place pour baisser les coûts et réduire significativement le nombre de salariés. La masse salariale représente presque un tiers du chiffre d’affaires; un handicap important face aux autres « majors » européennes. Ces départs volontaires ont été plus ou moins une réussite en particulier les premières années. Mais à force de gratter on arrive à l’os. Tous les salariés ont répondu favorablement à ce plan atteignant même leurs objectifs. Tous sauf un petit village d’irréductibles: les PNT(pilotes). Après une grève dévastatrice de 15 jours l’an dernier, ils pensaient peut être maîtriser leur sort et échapper à cette restructuration et réduction d’effectifs. Que nenni. Devant les obstacles, les désaccords, les incompréhensions et irresponsabilités de cette catégorie de personnel particulièrement choyée la compagnie a dégainé son plan B avec l’annonce de 2900 licenciements. Et nous revoici aux manifestations qui ont suivi le comité central d’entreprise des jours derniers.

 

Au delà de ces turbulences, c’est aussi la faute d’un management qui n’a pas su anticiper (gouverner c’est prévoir comme disait l’autre) et préférant acheter sa « paix sociale » que de prendre les bonnes décisions stratégiques pour l’entreprise tout en conservant des relations humaines de qualité. Peut être que la direction n’avait d’yeux que pour des actionnaires qui ne voyant rien arriver depuis des années étaient toujours plus demandeurs de résultats et donc de dividendes, beaucoup moins intéressés par le sort des collaborateurs. La variable sociale et salariale étant toujours la première à être montrée du doigt. Air France n’y échappe pas, comme de très nombreuses sociétés elle est dans la tourmente du modèle économique libéral dominant, basé exclusivement sur le profit. Une page se tourne dans le ciel français, souhaitons qu’Air France qui dispose malgré tout de nombreux atouts s’en sorte avec une casse limitée.

 

Jean-Marie Guiglia

 

 

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