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SNCM : Vers une année décisive

Après tant d’années d’atermoiement, la SNCM se trouve prise au piège de multiples problèmes qui n’ont fait que s’aggraver au fur et à mesure des manques de décisions fondamentales :

  • sur les 10 dernières années, un déficit d’exploitation cumulé proche de 200 millions d’euros.

  • une masse salariale sans rapport avec l’importance du trafic, comparée aux sociétés concurrentes exerçant la même activité (la SNCM assure 25% du trafic vers la Corse avec 3000 salariés).

  • une double tutelle (ministère des transports et ministère des finances) générant des divergences permanentes tant sur les décisions de gestion que sur les réflexions à long terme.

  • un actionnariat éclaté entre Transdev (filiale de la CDC), l’Etat, Véolia et les salariés, entrainant des situations antagonistes voire conflictuelles.

  • une démotivation chronique du personnel tant navigant que de maintenance (j’menbalékouilles étant une réponse fréquente, et l’étonnante activité des ateliers aux heures de pause !)

  • des grèves à répétitions qui ont amené à reformuler SNCM en « Sans Naviguer C’est Mieux » !

 

Face à tous ces handicaps, la SNCM est soutenue dans sa gestion financière par un apport de 60 millions d’euros par an au titre de sa délégation de service public de continuité territoriale. Par ailleurs la SNCM est lourdement endettée auprès de Transdev (200 millions d’euros) et surtout de l’État (400 millions) que conteste la Commission Européenne, estimant que ces 400 millions sont une subvention contraire aux règlements européens qui prévalent les règlements nationaux. Et ce n’est pas la vente immobilière controversée du siège à Eiffage pour 15 millions d’euros, ni la vente du Napoléon Bonaparte pour 7 millions d’euros qui améliore grandement la situation.

Il n’y a pas d’exemples, aussi bien au niveau des États que des entreprises privées, que des colmatages financiers compensent à long terme des erreurs de gestion permanentes et des situations antiéconomiques structurelles ; et plus on pratique la politique de l’autruche, plus l’issue est douloureuse, voire dramatique, pour les salariés, surtout les plus modestes (les hautes directions administratives et financières restent rarement au chômage).

Un dépôt de bilan est une procédure mise en place pour trouver et mettre en œuvre rapidement des solutions pour remettre une entreprise sur les rails et ainsi éviter une liquidation : comment croire à un changement radical et rapide dans une entreprise où les  « avantages acquis » du passé sont prioritaires sur les solutions d’avenir.

La rédaction.

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