Aller au contenu

Je voudrais louer celles qui se soulèvent

Comment réagir face aux nouvelles exigences de la féminité de ce début de XXIe siècle ? Certains diront que les canons esthétiques changent comme ils l’ont toujours fait, qu’aujourd’hui on aime le fond de teint à la Picasso, que le corps de la femme est mis en avant en réaction à cette espèce de prison machiste dans laquelle ces dames étaient prisonnières, patati patata… Conneries.
« J’aime les femmes aristocrates » me dit mon camarade de comptoir avec son air réac parfum années 50. C’est le genre d’Apache, nouvelle édition, « mauvais garçon, mais bon compagnon ». J’ai entendu, un soir, à travers les nuits trop froides de l’hiver alsacien, un clochard gueulant les vertus du vin : « Dans le vin il y a la sagesse et dans l’eau des bactéries ». Simple et vrai, authentique et baudelairien. On pourra rajouter que dans les pubs il y a la liberté, les idées fusent comme des épiphanies, la lumière orange reflète sa flamme au travers des pintes déjà vides, les hommes discutent de tout et de rien. Nous, de femmes.

Jusque-là rien d’étonnant, pourtant les moralistes et bien-pensants petits formats se sentent obligés de ramener leurs fraises. La soirée s’annonce longue. Toujours et encore, le discours facile et prévisible fait son entrée : on parle de libertés, d’émancipation, de droits, de beauté, de machos et de féministes qui se battent avec force et courage. Nous nous contenterons d’un « me ne frego » des familles pour envoyer rouler dans la fange l’ignoble serviteur bas prix d’idéologies vaseuses et modernes.

Que sont-elles devenues sans déconner ?

Ce soir je rentre avec un litre de Kilkenny dans l’estomac et un brin de réflexion qui germe dans le rassoudok. Les deux se complètent, l’un réchauffe, l’autre renforce. C’est vrai qu’on est mal barré. Que sont-elles devenues sans déconner ? Je n’ai pas connu l’Ancienne Époque, tu sais celle où les demoiselles existaient encore ? Je cherche sans trouver, c’est assez frustrant.

En même temps, vu le troupeau incroyable qu’on croise sur deux kilomètres un samedi en ville, ça décoiffe sévère. Faut descendre armé de patience, ou armé tout court. Tout le monde connaît la cagole de Marseille, figure emblématique de la pimbêche bac moins 12, accent hyperbolique et fringues couleurs fluo. Tout le monde connaît la collégienne qui s’habille comme sa mère de 40 ans (ou l’inverse), chaussures à talons, sac à salope et jupe format pansement. Tout le monde connaît les stéréotypes de gonzesses ridicules et réfléchissantes.

Mais le pire, il me semble, serait la politesse qui a déserté et la féminité qui s’est enterrée six pieds sous terre. Quand je te parle de féminité, c’est de la vraie, et non pas celle sponsorisée par les Femens-d’où-tu-sais. N’importe quelle femme à ce jour pourra cracher par terre, se battre sauvagement, s’entraîner au vocabulaire de beaufs vulgaires. Bref, aujourd’hui elles sont libres. Je dis bien « pourra », ne vous sentez pas obligées, mesdames, d’adopter sans plus tarder le nouveau profil imposé par le Pensée Unique. Je refuse de continuer à lister l’attitude nauséabonde et obscène de certaines. Pas la peine.

Sans vous, tout ne serait que discorde et débandade

Non, aujourd’hui je voudrais louer celles qui se soulèvent, s’insurgent face au Malin qui ronge nos Femmes. Je voudrai vous remercier d’être les survivantes et les traces d’un passé anéanti trop vite au profit de quelques extrémistes. Merci de charmer l’homme par ce style « belle et rebelle », ultime coup de coude à la face du féminisme. Soyez celles qui rient à la gueule des idéologues qui nous gouvernent, soyez celles qui dansent, celles qui ont « des manières », celles qui s’élèvent. Luttez pour la complémentarité des sexes. Luttez pour vos enfants. Luttez pour vous. Engagez-vous pour la Cité. Épanouissez-vous en tant que femme. Ne baissez jamais les bras. Sans vous, tout ne serait que discorde et débandade, décadence et vulgarité approuvées.
Ce soir je rentre avec des étoiles dans la tête. Le malt et le houblon ou la joie et l’espoir ? Ce soir le pessimisme est en permission, je suis heureux d’être l’amant d’une de ces femmes. Tu en parles à dégun, sinon je te brise la nuque.

 

belle et rebelle prouvenco info

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *