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Biomimétisme : la nature comme source d’inspiration

S’inspirer de l’observation du martin-pêcheur pour la réalisation d’un TGV aérodynamique ? Le biomimétisme l’a fait.

Ce mot compliqué décrit avant tout une volonté d’estimer la nature à sa juste valeur. Comment ? En s’inspirant du fonctionnement des écosystèmes naturels pour l’appliquer à des activités industrielles. C’est l’objectif que s’est donné Emmanuel Delannoy en créant Inspire Institut, centre de réflexion axé sur la réconciliation de l’économie et de la biosphère.

Ce biologiste de formation, auteur de L’Économie expliquée aux humains, apporte son éclairage sur cette nouvelle démarche. Il a répondu à nos questions.

biomimetisme prouvenco info

Comment en êtes-vous arrivé à travailler sur le biomimétisme ?
Je suis issu d’une formation initiale de biologie puis j’ai passé 18 ans en entreprise. J’ai cette double culture de biologiste et d’entrepreneur manager. C’est donc naturellement que je suis tombé sur ce sujet, car il représente une passerelle entre ces deux cultures. J’ai également été interpellé par la lecture de Biomimétisme, livre fondateur, publié il y a dix ans par l’auteure américaine Janine Benyus.

Concrètement, à quoi sert le biomimétisme ?
La vie existe depuis 3,8 milliards d’années avec, pour seule source d’énergie, celle du soleil. Les constituants vivants sur terre se recyclent en permanence sans créer de déchets ou de substances toxiques. Une économie fondée sur le biomimétisme serait durable. Il faut être efficace dans l’utilisation des matériaux, recycler les éléments. Nous voulons un modèle énergétique basé sur l’énergie solaire et ses dérivés.

Qui peut appliquer les principes du biomimétisme et quels sont les freins ou inconvénients ?
Ce sont surtout des freins d’ordre culturel. Il n’y a pas de passerelle dans l’éducation supérieure. Dans les entreprises également, on ne nous apprend pas à regarder la nature et on oublie une vérité absolue : l’économie n’est jamais hors sol, déconnectée du vivant. Il est nécessaire de comprendre le lien entre biodiversité et activités économiques.

Les modèles actuels croient en une croissance infinie, sans limites de la biosphère or ce n’est pas le cas.

Comment les hommes peuvent-ils se réconcilier avec la nature ?
En fait, le concept plus large consiste à comprendre l’interdépendance entre les humains et la nature. Progressivement, cela nous amène à travailler sur différents aspects du concept. Il faut ainsi sortir du domaine cartésien de la domination du vivant pour préconiser une conciliation avec ce dernier afin d’inventer un nouveau rapport au vivant. Notre but est également de concevoir un modèle macro-économique capable de fonctionner durablement avec les limites physiques de la biosphère. Les modèles actuels croient en une croissance infinie, sans limites de la biosphère or ce n’est pas le cas. Nous allons vers une approche de recherche de solutions, au-delà de la simple critique et le biomimétisme est une des pistes vers une écologie plus optimiste et porteuse de solutions. La rentabilité des entreprises dépend du bon état de l’écosystème.Toutes les entreprises ne sont pas concernées par la même biodiversité, mais peuvent ensemble consolider le socle sur lequel repose leurs activités. Chacune peut gérer l’écosystème, de manière à le rendre plus résistant face à la pollution.

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