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Regard sur les musiciens de Provence (3/4)

De Phocée à Marseille : chant grec et chant provençal

 

Peut-être pour nous rappeler la très haute antiquité de la ville de Marseille et le rôle que les Grecs ont joué dans notre civilisation en général et sur le territoire provençal en particulier, Opus Néo, initiative artistique du pianiste virtuose Olivier Maurel, originaire des Alpes de Haute-Provence, réunit notamment la très brillante chanteuse grecque Maria Simoglou ainsi que Bijan Chemirani, percussionniste de renom, spécialiste du Zarb (instrument de percussion originaire de Perse).

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L’ensemble musical propose un répertoire à mi-chemin entre le jazz et la musique grecque, où morceaux traditionnels et compositions originales en passant par des reprises au piano de G. I. Gurdjieff, se suivent sans se ressembler, et produisent une musique parfois poétique et subtile, d’autres fois portée par les envolées lyriques du piano d’Oliver Maurel et de la voix de Maria Simoglou, soutenues par la rythmique raffinée des percussions ainsi que les mélodies de la guitare (Pierrick Hardy) et du saxophone (Philippe Botta).

 

 

 

Pour venir de Grèce jusqu’en Provence, faisons un petit détour musical par l’Iran. Plusieurs traditions musicales sont à l’honneur dans l’ensemble Oneira (mot grec signifiant « rêve »).

Nous retrouvons au sein de cette formation de 6 musiciens, Bijan Chemirani, génial percussionniste et initiateur du projet, et Maria Simoglou, chanteuse à la voix puissante et élégante, mais également Harris Lambrakis, flutiste jouant de la flute en roseau Ney, Kevin Seddiki, guitariste virtuose, Maryam Chemirani dont le chant majestueux et grave nous envoute et Pierre-Laurent Bertolino merveilleux joueur de vielle à roue, instrument hypnotique issu du moyen-âge, qu’il a remis au gout du jour dans différentes formations musicales.

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Il est assez difficile de décrire l’univers de ces musiciens autrement que par une succession de superlatifs dithyrambiques tellement leur musique est puissante et originale. L’ensemble Oneira a réussi à créer un style à la fois moderne et traditionnel, faisant la synthèse de leur tradition respective, en évitant avec talent « l’effet collage » que ce genre d’initiative ne manque pas de produire habituellement. Il ne s’agit pas non plus d’un groupe de musiciens érudits, tentant de faire revivre un passé disparu. Nous sommes bien là en présence d’une musique vivante, qui plonge ses racines très profond, mais qui se réinvente à chaque note …

Bien que l’univers musical d’Oneira soit plus proche du monde persan ou hellénique, le groupe rend hommage à la Provence et à sa langue en interprétant plusieurs chansons en provençal, notamment un poème de Roland Pécout : « Dins leis auras ».

Voici un extrait de leur deuxième album, Ferdows Dami :

 

Sam Nicolas Pirlouiiiit

Nous vous parlions plus haut de Pierre-Laurent Bertolino, vielliste d’Oneira, nous le retrouvons également dans le groupe Dupain, au coté du Marseillais Sam Karpienia, véritable troubadour moderne et ardent défenseur de la langue provençale. Leur premier album, L’Usina se fait l’écho de la souffrance et de la condition ouvrière en Provence dans cette fin de XIXe siècle qui vit le triomphe du capitalisme le plus sauvage.

La voix émouvante de Sam Karpienia et la rythmique lancinante de Sam de Agostini aux percussions et de Pierre-Laurent Bertolino à la vielle à roue font de ce groupe un ensemble incontournable des musiques actuelles marseillaises.

 

 

Pour rester dans le chant provençal, mais avec un coté plus léger et festif, voici Lo Còr de la Plana, groupe marseillais de polyphonies masculines, originaire du quartier de la Plaine, dont il tire son nom. Les textes de cet ensemble vocal sont issus du répertoire traditionnel mais aussi de compositions plus personnelles.

 

Pour en savoir plus ou commander leurs disques :

Sound Cloud Opus Neo

Myspace Oneira et leurs disques : Si la Mar et Tale Yad

Myspace Dupain et le disque L’usina

Myspace Lo Còr de la Plana

2 réflexions au sujet de « Regard sur les musiciens de Provence (3/4) »

    • Jean-Marie Guiglia dit :

      Merci pour votre message.
      La rédaction

      Répondre

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